25 août 2026

DW Africa Link a couvert le recrutement de Camerounais dans l'armée russe. Voici les points clés à retenir.

DW Africa Link a couvert le recrutement de Camerounais dans l'armée russe. Voici les points clés à retenir.

Le podcast Africa Link de la DW a consacré un épisode au recrutement de Camerounais dans l'armée russe — pourquoi cela continue de se produire, ce que vivent les familles et ce que les gouvernements peuvent faire. Parmi les invités figuraient le Dr Banjo Herman, enseignant à l'Université de Bamenda et analyste politique, et un correspondant de la DW en reportage depuis Bamenda, au Cameroun.

Le podcast complet : 

Points clés à retenir

Les chiffres sont plus élevés que ce que le gouvernement admet. Les responsables ukrainiens ont estimé que près de 3 000 citoyens de plusieurs pays africains avaient combattu ou combattaient pour la Russie en mai 2026. Le Cameroun a officiellement confirmé la mort de 16 de ses ressortissants servant aux côtés de la Russie. Les analystes interrogés par la DW affirment que le bilan réel est plus élevé — comme en témoignent les familles endeuillées et les reportages de plusieurs médias que les chiffres officiels ne reflètent pas.

Voir aussi : Les 5 principaux pays africains classés selon le nombre de pertes confirmées dans l'armée russe

Deux facteurs alimentent le recrutement : le désespoir et la tromperie. Les recrues croient partir pour des emplois dans la construction, du travail de sécurité ou des études. Certains partent en pensant rejoindre un programme d'échange culturel ou éducatif — Alabuga et l'Initiative africaine ont été spécifiquement cités. La promesse : de grosses sommes d'argent — un analyste a évoqué des offres de 3 millions de francs CFA (~5 000 dollars US) par mois — et la nationalité russe sous 6 mois. Une fois en Russie, ils sont envoyés au front.

Les familles restent sans information ni indemnisation. Le contact est rompu dès l'arrivée des recrues. Un cas documenté par le correspondant de la DW : un Camerounais de 35 ans dont la famille n'a appris la mort que trois ans plus tard, par l'intermédiaire d'un ami qui avait lui aussi servi dans l'armée. Des mères élèvent seules leurs petits-enfants. Aucune indemnisation gouvernementale n'a été versée.

Le gouvernement camerounais n'a aucune politique officielle. Les analystes ont décrit la réponse du gouvernement comme réactive et insuffisante. Il n'a publié aucune déclaration de politique officielle claire sur le recrutement. L'ambassadeur du Cameroun en Russie a assisté au premier forum international de sécurité organisé par la Russie à Moscou. Le gouvernement a renouvelé son accord de coopération militaire avec la Russie en 2014-2015 — alors que la guerre en Ukraine était déjà en cours.

Connaître le risque n'empêche pas les gens de partir. Des citoyens interrogés par la DW ont reconnu les dangers mais ont dit que le désespoir l'emporte sur la prudence. « Si je meurs, je meurs » était l'un des sentiments rapportés. Tant que les conditions économiques qui alimentent le recrutement resteront inchangées, les mises en garde à elles seules ne suffiront pas.

Les analystes recommandent : un engagement diplomatique avec la Russie pour faire pression en vue de sanctionner les groupes de recrutement agissant pour son compte ; une réforme économique pour créer des opportunités sur place ; et une politique gouvernementale officielle — et pas seulement des condamnations — sur le recrutement à l'étranger.

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