31 août 2026

Les familles camerounaises dont les fils sont morts en combattant pour la Russie n'ont aucune information sur les circonstances ni sur les corps. Un nouveau mouvement de la société civile dit que cela doit changer.

Les familles camerounaises dont les fils sont morts en combattant pour la Russie n'ont aucune information sur les circonstances ni sur les corps. Un nouveau mouvement de la société civile dit que cela doit changer.

Un mouvement de la société civile appelé « Ramenez nos fils et nos frères » a été créé au Cameroun pour soutenir les familles de Camerounais recrutés pour combattre au service de la Russie en Ukraine. Fondé en août 2026 et rapporté par Journal du Cameroun, le mouvement rassemble des acteurs de la société civile et des familles de victimes afin de réclamer des réponses, des comptes et la fin du recrutement frauduleux.

Les cofondateurs Yannick Elessa et Paul Silver Yede affirment que le mouvement est déjà en contact avec des dizaines de familles concernées.

Ce à quoi les familles font face

Certaines familles ont appris la mort d'un fils sur le champ de bataille mais n'ont reçu aucune information précise sur les circonstances — comment il est mort, où, ni ce qu'il est advenu de son corps. D'autres sont dans un état d'incertitude totale, sans la moindre nouvelle. Les conditions dans lesquelles leurs proches sont partis, la nature des arrangements qui leur ont été proposés, et la question de savoir s'ils ont réellement été informés des risques — tout cela reste contesté.

Voir aussi : Liste des 485 Africains tués dans l'armée russe, dont 104 Camerounais

« Donner une voix à ces familles confrontées à l'absence et au deuil, et faire en sorte que les responsabilités soient établies », c'est ainsi que Yannick Elessa décrit la vocation du mouvement.

Paul Silver Yede ajoute que les membres se mobilisent pour « faire entendre leur voix, obtenir des informations sur le sort de leurs proches, et empêcher que d'autres jeunes ne connaissent le même destin ».

Ce que le mouvement cherche à faire

Le mouvement se fixe cinq objectifs précis : accompagner les familles concernées dans la recherche d'informations et de soutien ; documenter tous les cas signalés ; identifier les responsables des réseaux de recrutement ; empêcher de nouveaux enrôlements frauduleux ; et veiller à ce que les familles confrontées à la disparition ou à la mort d'un proche soient traitées avec dignité.

Sur les réseaux de recrutement eux-mêmes, le mouvement est direct : ils exploitent la vulnérabilité économique et l'aspiration à de meilleures perspectives pour exposer des citoyens camerounais à un conflit armé sans qu'ils aient pleinement conscience de ce dans quoi ils s'engagent.

Le contexte plus large

Le gouvernement camerounais a confirmé en avril 2026 que 16 de ses ressortissants étaient morts en servant comme « contractants militaires » pour la Russie. Les analystes et les familles ont constamment affirmé que le chiffre réel est plus élevé. Comme le documente un épisode du podcast Africa Link de la DW sur le recrutement de Camerounais, le gouvernement camerounais n'a aucune politique officielle sur la question et n'a formulé aucune demande diplomatique officielle pour que la Russie cesse. Le mouvement « Ramenez nos fils et nos frères » se positionne comme une réponse à ce silence même.

Sources : Ramenez nos fils et nos frères sur Facebook, Cameroon Intelligence Report

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