4 août 2026
50 Zimbabwéens morts. Un documentaire de CITE Zimbabwe montre comment fonctionne la machine de recrutement de la Russie.

Un documentaire de 30 minutes de CITE Zimbabwe, publié sur leur chaîne YouTube, retrace la filière de recrutement étranger de la Russie en Afrique australe, du premier contact jusqu'à la ligne de front.
L'honorable Zhemu Soda, ministre zimbabwéen de l'Information, de la Publicité et des Services de radiodiffusion, confirme dans le film que 50 ressortissants zimbabwéens ont été tués après avoir été trompés et entraînés dans la guerre de Russie. Le documentaire comprend des témoignages de victimes du recrutement prédateur russe.
La filière
Les auteurs décrivent le recrutement qui passe par WhatsApp, Facebook, Telegram et Instagram. Des sociétés tierces — et non directement le gouvernement russe — font le travail, proposant des emplois dans la construction, des postes de logistique et des primes d'engagement de 5 000 à 20 000 dollars. Le processus se déroule en quelques jours, parfois en moins de 30 minutes. On dit aux recrues de garder le secret. En Afrique du Sud, des personnalités liées au parti MK seraient impliquées dans l'acheminement de personnes vers le groupe Wagner.
À leur arrivée en Russie, les recrues se voient présenter un contrat militaire rédigé en russe et un choix simple : signer ou aller en prison. Leurs documents sont confisqués. La formation dure quelques jours. Les salaires sont crédités sur des comptes bancaires russes auxquels les hommes ne peuvent pas accéder. Lorsqu'ils sont tués, l'argent reste en Russie. Les familles ne reçoivent rien.
Pourquoi la réponse de Harare est compliquée
Le Dr Harris explique la contrainte juridique : la loi zimbabwéenne contre le mercenariat exempte les citoyens qui servent un pays avec lequel le Zimbabwe entretient des liens diplomatiques. Le Zimbabwe et la Russie ayant des relations diplomatiques complètes, servir dans l'armée russe n'est pas un crime au regard du droit zimbabwéen. Harare dépend également de Moscou pour une couverture diplomatique et une protection contre les sanctions occidentales — ce qui rend toute condamnation publique politiquement coûteuse.
Le Zimbabwe a procédé à des arrestations. Mais le cadre juridique et la relation politique avec la Russie limitent jusqu'où il peut aller.
Les familles
La plateforme Stop Russian Recruiters a identifié près de 3 000 recrues et estime qu'environ une sur six a déjà été tuée. Les familles sont laissées seules pour retrouver les corps, réclamer des indemnisations et solliciter les ambassades. Comme le dit le Dr Harris : « L'État a déserté son poste ».
Le documentaire est disponible sur YouTube :