17 octobre 2026
D'anciens soldats et policiers zimbabwéens aident à recruter de jeunes hommes pour la Russie

D'anciens militaires, policiers et agents du renseignement zimbabwéens aident à recruter et à former sommairement de jeunes Zimbabwéens en vue de leur déploiement dans la guerre de la Russie contre l'Ukraine, selon le journal The Zimbabwean. Les recrues sont attirées par des annonces en ligne proposant des salaires de 7 000 à 10 000 dollars, avec les frais de voyage payés d'avance. La sélection et une formation tactique de base seraient assurées par ces anciens personnels à Bulawayo, Harare et Masvingo.
« Le temps que les garçons atterrissent, le contrat a changé »
Un officier supérieur de l'Armée nationale du Zimbabwe, s'exprimant de manière anonyme auprès de Bulawayo 24, a déclaré que d'anciens collègues avaient été approchés en 2024 et s'étaient vu offrir des honoraires de consultant pour repérer de jeunes hommes en vue de ce qui était présenté comme du travail de sécurité privée en Russie. « Le temps que les garçons atterrissent, le contrat a changé », a-t-il dit.
Deux hommes inculpés
Les autorités zimbabwéennes ont procédé à une série d'arrestations récentes pour traite d'êtres humains. Les enquêteurs estiment qu'Edward Kachingwe, 36 ans, a recruté cinq hommes avant d'être arrêté au terminus de bus Roadport de Harare fin juin et inculpé de traite d'êtres humains et d'exploitation d'une agence d'emploi non enregistrée. Les procureurs affirment qu'il travaillait avec un complice russe identifié seulement comme « Roman », qui n'a pas été arrêté et qui aurait prévu de recruter illégalement des victimes pour rejoindre l'armée russe, où elles seraient contraintes de combattre. Toujours en juin, un ressortissant russe, Leonid Koftev, a comparu devant un tribunal pour des accusations de traite après avoir prétendument organisé le voyage d'un Zimbabwéen vers la Russie. Les deux hommes ont été inculpés mais non condamnés.
Des sauvetages en Tanzanie et en Afrique du Sud
Les autorités affirment avoir secouru des Zimbabwéens en Tanzanie et en Afrique du Sud alors qu'ils transitaient vers la Russie. À Dar es-Salaam, les victimes auraient donné à leurs proches de fausses adresses d'hôtel pour éviter d'être repérées, mais leur localisation a été révélée par l'analyse numérique. Certains hommes secourus ont dit aux enquêteurs avoir voyagé avec d'anciens militaires qui étaient eux aussi victimes des réseaux russes, a rapporté Bulawayo 24, selon The Zimbabwean.
Chauffeurs Uber, sept jours d'entraînement et un passeport confisqué
Le ministre de l'Information, Zhemu Soda, a déclaré que les recrues reçoivent peu d'entraînement au combat avant leur déploiement. Un Zimbabwéen qui combat désormais pour la Russie a déclaré au journal The Zimbabwean que beaucoup de recrues étaient des chauffeurs Uber recrutés en Afrique du Sud, sans expérience militaire, formés pendant sept jours puis déployés. « Quand ils arrivent sur la ligne de front, on leur prend leur passeport et on promet seulement de le rendre au bout d'un an », a-t-il dit.
Les chiffres plus larges
L'article cite une enquête de septembre rapportée par le journal kényan The Star qui a établi qu'au moins 3 066 Africains de 40 pays avaient été recrutés dans l'armée russe depuis octobre 2022, dont 502 morts en juin 2026. Il indique aussi que la Russie prévoit de recruter 18 500 combattants étrangers cette année, soit près de six fois plus qu'au début de la guerre. Le 6 octobre, plus de 30 familles de Kényans victimes de traite vers la Russie se sont rassemblées à Nairobi pour exhorter le président William Ruto à œuvrer pour le retour des survivants ; un représentant des familles a déclaré à The Star que le recrutement de Kényans se poursuit toujours.
Une issue sûre
Les Zimbabwéens et autres ressortissants étrangers attirés dans les forces armées russes ont la possibilité de fuir le champ de bataille en toute sécurité grâce au projet ukrainien « Je veux vivre ». Consultez notre FAQ pour d'autres recommandations.