23 octobre 2026

Deux Tanzaniens auraient été tués dans l'armée russe, l'opposition exige des réponses

Deux Tanzaniens auraient été tués dans l'armée russe, l'opposition exige des réponses

Deux Tanzaniens seraient morts en servant dans les forces armées russes, selon un article publié par le journal tanzanien The Citizen le 19 octobre 2026. Le journal a nommé les deux hommes : Mosha Elikunda Elibapiki, 22 ans, et Samimik Samveli Peter, 32 ans, et a indiqué qu'ils seraient morts en juillet 2025. Le parti d'opposition tanzanien ACT-Wazalendo a depuis appelé le gouvernement à établir comment ses citoyens sont recrutés et à demander des réponses à la Russie.

Les deux hommes et la base de données

The Citizen a indiqué que ses informations sur les deux hommes proviennent de StopRussianRecruiters.org et a renvoyé à une liste publiée précédemment de 485 victimes originaires de pays africains dans l'armée russe, qui contient des données sur les ressortissants tanzaniens susmentionnés, ainsi qu'à une liste de Tanzaniens ayant signé des contrats avec l'armée russe.

Un cas antérieur : Nemes Tarimo

The Citizen a également rappelé le cas de Nemes Tarimo, un étudiant tanzanien de 37 ans tué en septembre 2022 alors qu'il combattait pour le groupe Wagner en Ukraine. Le journal a indiqué qu'il avait été emprisonné en janvier 2021 pour ce qui a été décrit comme des infractions liées à la drogue, et qu'il avait été attiré à combattre pour la Russie avec la promesse d'une grâce. Sa famille lui avait conseillé de ne pas partir, mais il a insisté pour s'engager afin de « se libérer » plutôt que de rester en prison.

tanzanian.jpg
Nemes Tarimo, source : Facebook

L'opposition : « La diplomatie ne devrait pas empêcher d'obtenir des réponses »

ACT-Wazalendo a appelé le gouvernement à établir comment les Tanzaniens sont recrutés et à chercher des réponses par la voie diplomatique. La secrétaire adjointe du parti chargée de l'Information, de la Publicité et des Relations publiques, Shangwe Ayo, a déclaré que les bonnes relations de la Tanzanie avec la Russie ne devraient pas empêcher les autorités de traiter les informations faisant état de citoyens mourant dans la guerre. Elle a exhorté le gouvernement à obtenir des informations claires sur les décès signalés et à enquêter pour savoir si des agents de recrutement ont utilisé des offres d'emploi fausses ou trompeuses pour attirer des Tanzaniens à l'étranger.

Ayo a aussi demandé des mises en garde publiques contre les offres d'emploi suspectes à l'étranger, une surveillance renforcée des agences de recrutement, et un système permettant aux demandeurs d'emploi de vérifier une offre avant de partir.

« Ce n'est pas une migration de travail normale »

Fulgence Massawe, militant tanzanien des droits humains, a déclaré à The Citizen que si des Tanzaniens avaient été recrutés par de fausses promesses d'emploi puis utilisés dans un conflit armé étranger, cela pourrait constituer de la traite d'êtres humains et un recrutement trompeur. « Ce n'est pas une migration de travail normale », a-t-il dit. Il a évoqué la loi tanzanienne de 2008 contre la traite des personnes (Anti-Trafficking in Persons Act) et les accords internationaux que le pays a signés.

Massawe a déclaré que le gouvernement a le devoir juridique et moral d'enquêter sur ces informations, d'établir ce qui s'est passé et de demander des comptes à quiconque a mal agi. Il a aussi réclamé l'aide de responsables consulaires et d'avocats pour les Tanzaniens qui pourraient encore être piégés dans une situation similaire, et un soutien pour les familles en quête de réponses sur leurs proches.

D'autres pays africains agissent aussi

The Citizen a indiqué que des schémas similaires ont été signalés dans d'autres pays africains, avec des promesses de travail dans les usines, l'agriculture, l'hôtellerie et la logistique. Il a indiqué que certains demandeurs d'emploi se voient remettre des contrats militaires après leur arrivée en Russie, ce qui fait douter que toutes les recrues comprennent ce qu'elles signent.

Au Zimbabwe, selon le journal, neuf personnes auraient été arrêtées dans le cadre de six enquêtes pour traite d'êtres humains ouvertes fin mars, et les personnes inculpées comprendraient des ressortissants russes et des complices locaux. Au Kenya, a-t-il indiqué, le secrétaire du Cabinet chargé du Travail, Alfred Mutua, a annulé les licences de 23 agences de recrutement pour des irrégularités présumées.

Une issue sûre

Les Tanzaniens et autres ressortissants étrangers attirés dans les forces armées russes ont la possibilité de fuir le champ de bataille en toute sécurité grâce au projet ukrainien « Je veux vivre ». Consultez notre FAQ pour des recommandations destinées aux victimes du recrutement militaire russe et à leurs familles.

À la une

Tout voir →